Le Crédit Agricole et l’entreprise Onepoint lancent l’application “Copass” pour gérer la reprise de l’activité des entreprises. En répondant à un questionnaire de santé, les salariés se verront attribués un “niveau de sensibilité” face au Covid-19 qui devra guider les entreprises pour établir des protocoles d’organisation (télétravail, horaire décalée…). Cinq sociétés pilotes vont en prifiter à partir du 11 mai.

Covid-19 : Le Crédit Agricole lance une application pour sécuriser la reprise de l’activité des entreprises

Le Crédit Agricole et l’entreprise spécialisée dans la transformation des entreprises Onepoint annonce le 28/04/2020 la création de l’application “Copass”. Elle sera activée le 11/05., date prévue du début du déconfinement par le gouvernement.

ÉTABLIR UN NIVEAU DE SENSIBILITÉ POUR CHAQUE EMPLOYÉ

Du côté des employés, Copass permet connaître son “niveau de sensibilité” face au Covid-19 grâce à un code couleur. Côté employeur, l’application offre un cadre pour les protocoles d’organisation du travail en phase avec les nouvelles exigences sanitaires imposées par la pandémie. “C’est une forme de badge numérique pour faciliter les entreprises à faire revenir leurs collaborateurs en toute confiance, beaucoup ont envie de retourner sur leur lieu de travail mais ont peur d’y attraper le corona, explique Serge Magdeleine, Directeur de la transformation digitale et IT du groupe Crédit Agricole à l’origine de ce projet, interrogé par Le Journal du Dimanche (JDD). Le dispositif a été développé en 4 semaines par une cinquantaine d’ingénieurs.

LA VULNÉRABILITÉ MARQUÉE PAR UN CODE COULEUR

Via un poste fixe ou un mobile, le salarié remplira un questionnaire de santé “conçu en lien étroit avec les autorités de santé publique“, précise le communiqué. Le résultat donnera lieu à la délivrance d’un QR code dont la couleur – du vert au rouge – détermina un protocole de travail défini par l’entreprise : retour sur site en horaire alterné, maintien du télétravail, orientation vers un site de dépistage…  “Nous voulions aussi offrir à chaque salarié la même sécurité le même outil, et la même liberté retrouvée de se mouvoir, et mettre la technologie au service de l’humain“, résume David Layani, président-fondateur de Onepoint, cité par le JDD.

Les possibilités sont multiples“, note le communiqué. En effet, ce sont les entreprises qui déterminent les différentes options qui s’offrent aux collaborateurs en fonction de leur situation (enfant à charge…). Au même titre, l’appréciation du niveau de sensibilité pourra évoluer “en temps réel” et à l’aune des recommandations officielles du ministère de la Santé en lien avec les avancées des connaissances sur le covid-19(risque de rechute, immunité, facteurs de comorbidités…).

CINQ ENTREPRISES PILOTES

Cinq grandes entreprises pilotes vont s’équiper de Copass dès le 11/05/2020. “Nous n’excluons pas d’associer à notre joint-venture un consortium d’entreprises qui utiliseront cette application en mode pilote pour nous aider à l’améliorer“, appuie Serge Magdeleine du Crédit Agricole. D’après les informations du JDD, l’application a été conçue pour opérer pendant un an minimum. D’après plusieurs responsables en ressources humaines, Copass pourrait voir son utilisation pérennisée car il pourrait s’avérer utile pour organiser le recours au télétravail par exemple. 

Crédit Agricole et Onepoint précisent bien que Copass n’est pas une solution de pistage numérique faisant référence à l’application StopCovid sans la citer explicitement. Les deux entreprises montrent d’ailleurs que les recommandations de la Commission nationale de l’informatique et les libertés (Cnil) ont été scrupuleusement suivies et que les données médicales ne sont gérées que les salariés eux-mêmes. Et comment faire si un employé refuse d’utiliser Copass ? “Chaque entreprise décidera pour ces collaborateurs ce qu’elle fera, probablement en leur proposant un protocole encore plus sécurisé“, répond le responsable du Crédit Agricole.

COMMENT GÉRER LA REPRISE DE L’ACTIVITÉ ?

Les entreprises multiplient les initiatives pour gérer au mieux la reprise de l’activité sans exposer leurs salariés à un risque trop élevé de contamination. Les employés du port d’Anvers en Belgique seront tenus de porter un bracelet connecté, conçu par la société Rombit, pour s’assurer que la distanciation sociale est bien respectée. Concrètement, le logiciel sonne l’alarme dès lors qu’un salarié s’approche d’un autre à moins d’une distance préalablement fixée par l’employeur. Toutes ces solutions ne seront efficaces que si en parallèle les salariés respectent les gestes barrières et sont munis d’équipement de protection comme des masques et des gants.